Une serrure classique ferme la porte en un seul endroit, à hauteur de poignée. Une serrure multipoints la ferme en plusieurs, ce qui change la façon dont l’effort d’une tentative d’effraction se répartit sur le battant. La différence est mécanique, simple à comprendre, et elle explique pourquoi les portes d’entrée récentes en sont presque toutes équipées.
Le principe : un boîtier central, des tringles, des points
Au centre, un boîtier loge le pêne dormant et le pêne demi-tour. Depuis ce boîtier, des tringles montent et descendent dans la tranche du battant, jusqu’à des verrous qui s’engagent dans les gâches du dormant en haut et en bas. Sur un système cinq points, deux crochets latéraux ou deux points supplémentaires s’ajoutent. Le terme « points » désigne donc le nombre d’endroits où la porte est effectivement verrouillée contre son cadre.
Trois points ou cinq points : le comparatif
- Trois points : pêne central plus un point haut et un point bas. Une porte d’appartement gagne beaucoup avec ce système, car la résistance se répartit sur la hauteur.
- Cinq points : points supplémentaires qui verrouillent le battant sur ses côtés. Une entrée de pavillon, plus exposée, le justifie souvent.
- Au-delà : sur les portes blindées, le nombre de points monte encore, chaque point supplémentaire étant couplé à une gâche renforcée.
Plus il y a de points, mieux la résistance se répartit, à condition que le battant et le dormant soient assez rigides pour la supporter. L’artisan regarde l’épaisseur et l’état du battant avant de conseiller, sans vous orienter vers le modèle le plus cher.
Les modes de verrouillage
- À clé : la clé fait deux tours, les verrous sortent ensemble ;
- À relevage de poignée : on lève la poignée pour actionner les points, puis on tourne la clé ;
- Automatique : les pênes sortent dès que le battant se ferme, ce qui change radicalement la façon d’ouvrir une porte claquée.
Les pannes que nous traitons le plus
Poignée qui devient dure, clé qui tourne sans entraîner tous les points, verrou haut ou bas qui ne sort plus, bruit métallique dans le battant : la cause est presque toujours un défaut de réglage ou un encrassement. On vérifie l’alignement des gâches, on redresse un battant qui s’est affaissé sur ses paumelles, on regraisse avec un lubrifiant sec (graphite ou PTFE) plutôt qu’avec une huile qui encrasse. Le boîtier ne se remplace que si le mécanisme interne est cassé.
Une porte palière au centre-ville
Un cas fréquent en centre-ville : un appartement ancien dont la porte palière ne possède qu’une serrure simple de série. L’occupant souhaite passer à un système plus résistant avant de partir un mois. L’artisan contrôle que le battant n’est pas voilé, que le dormant tient bien, puis pose un trois points avec gâches renforcées. Un cinq points n’aurait rien apporté ici : le palier est à l’abri des regards et le battant n’a pas l’épaisseur pour le supporter.
Ce que l’artisan contrôle avant la pose
- L’équerrage du battant : une porte qui frotte en bas ne laisse pas les points du bas s’engager à fond ;
- L’état des paumelles : un battant affaissé de quelques millimètres décale toutes les gâches ;
- La rigidité du dormant et la qualité de sa fixation dans le mur ;
- La compatibilité entre l’épaisseur de la porte, la longueur des tringles et la hauteur disponible.
Une serrure multipoints neuve posée sur un battant mal réglé se bloque en quelques semaines. Le réglage fait donc partie de la prestation, et pas seulement de la pose.
Pour aller plus loin
Le niveau de résistance se juge aussi aux certifications : la page choisir une serrure A2P les détaille. Pour une porte déjà d’acier, voyez le blindage de porte, et pour les moyens d’améliorer l’ensemble du logement, sécuriser sa maison. Le montant d’une pose est annoncé au téléphone avant le déplacement par l’artisan qui pose ces serrures.
Un doute entre trois et cinq points ? Appelez le 06 13 04 02 22 : donnez l’étage et le type de porte, l’artisan vous conseille et annonce le prix.